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 WE PLAY TO WIN (FRUCH)

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Frost
Fairy tales are more than true:
froid mordant, meurtrier, joueur. assassin de la petite fille aux allumettes, héros de sa propre tragédie, légende vivante, mortelle, on le prénommait jadis jack, mais seul frost subsiste. // ciel étoilé, chemins enneigés, il demeure dans le fond des lacs gelés. le souffle glacial l'emporte aux quatre vents. cela fait des siècles qu'il ne dort plus. le sommeil, c'est pour les mortels. // destin mortel, preneur de vies, sculpteur de cadavres sur glace // © : ishtar, troye sivan.
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MessageSujet: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Dim 7 Jan - 19:50


- you'd better run, better run -

quand on est immortel, quand on est un dieu, on n'a pas vraiment besoin de faire du sport. garder la ligne, c'est futile.
pourtant il court, il court, le furet.
après quoi ? il ne sait pas, il court simplement, apprécie le froid qui lui mord les joues sans pour autant lui faire ressentir la moindre douleur.
ses pieds foulent les tuiles enneigées, son corps se projette dans les airs, ses cheveux flottent autour de ses oreilles.
puis il sent une présence derrière lui, une ombre qu'il ne distingue pas.
un aventurier, un inconscient.
frost pince les lèvres.
qui peut bien s'aventurer sur les toits à cette heure là?
ciel étoilé, nuages cotonneux, quiconque pointe le bout de son nez dans le froid glacial mérite une mort immédiate.
pourtant quelque chose l'empêche de le pousser, d'intervenir, d'être juste.
l'inconnu l'a déjà rattrapé,
côte à côte, ils glissent le long des toits, se propulsent à la force du vent créé par frost.
ils
ils
ils
pluriel.
ce n'est plus son vent
son pouvoir
c'est le leur
et étrangement, c'n'est pas la rage qui le prend.
il devrait le pousser, le geler sur place, faire cesser son existence, à l'insolant
à la place, sa main se pose sur le bras de l'homme, les propulsant tous les deux encore plus haut, plus loin.
ensemble, égaux.

_________________
    — the fallen did not choose to fall
    but merely were pushed


Dernière édition par Frost le Lun 8 Jan - 17:15, édité 1 fois
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Maître Voleur
Fairy tales are more than true:
Le Maître-Voleur, qu'aucune prison ne retient, l'ancien joyeux compagnon de Robin, Much, le fils du Meunier. Identité envolée, dépouillée, subtilisée. Cà et là, entre les murs étincelants des prisons dorées des seigneurs. Ombre facétieuse dissimulée. Funambule en équilibre, danseur habile sachant se déguiser. Faux-semblants, mascarades, tromperies. Mesquin voleur en quête de défis. © : s.polunin / ishtar.
Voir le profil de l'utilisateur http://meta-mor-phosis.forumactif.com/t48-hush
MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Dim 7 Jan - 22:00


fall fall fall

immobile. Chut. Chut. CHUT, il perturbe le silence.
respiration saccadée, puis retenue. Le silence est complet.
résonnent sur terre les craquelures de la veille neige; disparue.
les souffles sifflants des mortels.
ils agonisent au fond du lit, ils ne profitent pas, jamais, de la vie.

il s'élance dans un souffle. Tu te crois supérieur aux mortels ? Tu l'es. Aujourd'hui, demain, Tu le seras pour l'éternité, si tu meurs cette nuit. Parce qu'il surplombe le monde, il le domine. Son long manteau noir battant l'air à mesure que le saut s'allonge. Longues ailes, sinistre apparence que celle d'un corbeau tranchant la vie. Le froid s'empare de tout son être, de tout son cœur. Il lui mord sensuellement les joues, rougies par la douleur sourde du vent d'hiver. C'est tellement intime, ce froid qui parcourt son corps, caresse sa peau, s'insinuant sous le tissu tiède qui couvre sa carcasse. Mais déjà, ses pieds se heurtent au sol. La course reprend, cœur tambourinant, jaillissant à travers sa faible poitrine. Il accélère, quand devant, il imagine ce concurrent. Tu crois que je peux te doubler, infernal hiver ? Je suis plus rapide, plus agile que toi. En voilà, un merveilleux défi. Saut de l'ange depuis le toit. Allez vent, porte-moi, que semble hurler ses pupilles brillantes. La fossette creusée sur sa joue est la trahison de la joie juvénile. Je vole, je vole. Il a toujours su voler. Ses pieds embrassent la terre délaissée. Le sang bat à ses tempes, au rythme effréné de ses pas agités. Il trompe la mort, puisqu'il sait voler.

il sent ses coudes frôler les siens. Il entend son souffle mort, gelé. Il ferme les yeux, il se laisse guider. Par ses frissons, l'adrénaline excitée. Vent dans le dos, vent giflant son visage. Punition pour lui tenir tête. Dans le dos. Visage. Dos. Courant ascendant. Il ouvre les yeux, bondit. A cet instant, la morsure du froid est plus puissante. Brûlure sur son bras. Le sourire se dessine, en coin, léger, insolent. Charmant Divin. Vivant. L’œil étincelant se pose sur la main presque invisible encore. Et l'instant d'après...

l'iris d'acier rencontre l'iris glacé.

c'est à peine s'il se sent atterrir. Il a laissé son âme s'envoler jusqu'au ciel. Sourire téméraire, tenace. La course est en suspend, le temps d'un instant. Et avec toute la lenteur caractéristique de l'hiver, le voleur s'incline, vaguement. Visage, buste. Courbette, défi. Respect. Salut. Un charme infernal s'échappe de ce corps tiède, bouillonnant de vie. Son regard embrasse celui de l'hiver, ne s'en détache sous aucun prétexte. Et bientôt, c'est reparti. Après avoir dévoilé ses dents dans un sourire gelé, il s'esquive, s'échappe. Ombre qui se fond dans la nuit à pas de loups. Attrape-moi si tu peux, hiver, hurle son âme. Attrape-moi, ou laisse moi tomber, tomber, tomber.
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Frost
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Lun 8 Jan - 17:14

personne a jamais pris frost à son propre jeu. personne. pas les dieux, encore moins les hommes. les uns par mépris, les autres par faiblesse. il ne peut pas imaginer l'existence d'un rival digne de ce nom, d'un challenge digne de son distrait intérêt.
les mètres s'écoulent, roulent sous leurs pieds
et quand enfin ils s'arrêtent, la chaleur froide du regard de l'homme l'électrifie des orteils aux fourches.
il est givré, et soudainement il ne sait même plus qui est il, si c'est lui, si c'est l'inconnu.
le fou, l'inconscient
ça lui échappe presque, presque, le discret hochement de tête,
respect
entre égaux, entre egos
aucun mot n'est prononcé,
pas besoin d'outils si mortels, si prolétaires quand on joue avec les puissants
et en un battement de cils, il a disparu, envolé, pas dans un nuage gelé mais c'est tout comme
plus comme une ombre, maître de l'obscurité
frost hausse les épaules, son regard se pose sur l'enfant assis dans la neige en contre bas.
il doit faire son boulot.
sourire sadique aux lèvres, il lance un dernier regard vers l'ombre qu'il croit distinguer au loin.
s'il doit faire son boulot, y a bien quelques exceptions.

retrouve-moi le premier, ombre, si tu peux.
trouve ma cachette, suis mes pas,
sinon, c'est toi qui tomberas, tomberas, tomberas.

x


le cadavre tombe au sol, le visage crispé, les yeux grand ouverts
c'est du mauvais boulot, mais frost est distrait,
l'ombre est de retour, sur les toits, volante, défiant ses rafales glacées.
ni une, ni deux, son sceptre fend l'air,
le fait trébucher,
mais il en faut plus pour faire chuter l'agile insolent
mais qui es-tu donc pour oser défier l'hiver ?
sûrement pas le printemps.

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Maître Voleur
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Lun 8 Jan - 19:35


fall fall fall

jamais il ne se serait figuré si violente destinée.
que celle d'arpenter les toits usés des mortels.
que celle de défier le temps.
le vent.
la mort elle-même.

cette nuit, ce soir, il n'est plus tout à fait humain. Mais déjà ses pas l'emporte loin, beaucoup trop loin. Loin de la glace et du gèle. De la menace du froid perpétuelle. Il trompe la mort en lui faussant compagnie, emmitouflé dans sa cape sombre. Au revoir, joli seigneur. Prochaine victime à dépouiller de ses honneurs. Tu seras, si tu le veux bien, mon partenaire dans les heures les plus sombres. Si tu ne le veux pas, je me laisserai mourir dans tes bras. Le fou, l’inconscient, le charmant, s'éloigne. Le silence se meurt.

-

il n'a pas eu à parler, pas eu à respirer. Il n'a eu qu'à vivre, à laisser la douce chaleur humaine parler pour lui. A travers les pores resserrés de sa peau pâle. Cœur battant, tout excité à la vision surnaturelle de cette mort prématurée. Il l'observe dans l'ombre rassurant d'une nuit à la lune dissimulée. Timide astre nocturne. Elle est leur mère à tous, j'en suis sûr, qu'il se murmure pour s'apaiser.

regards croisés. C'est le moment de filer.

il y a ce fil tendu entre deux bâtisses. Il s'y élance, il y glisse, funambule incertain, acrobate inhumain. Pour un peu, il s'y trancherait le pied, tant ses mouvements sont vifs. Il ne se pavane pas. Il est. Pur, simple. Entier. Soudain, comme un courant d'air vient câliner sa cheville. Le fil ondule, se tord, douleur muette. Le vent puissant. En contrebas, la mort attend, les yeux grands ouverts, souriante. Qu'elle est belle. Non. Qu'elle est laide. Il se pare d'un sourire, écarte les bras comme on ouvre son cœur. Il se fige. Et se laisse tomber. Ange privé de ses ailes. Simulateur enjoué. Le vent ralentit son corps glacé, alors que ses doigts se referment sur le fil tranchant. Balancement dans l'immensité. Suspendu dans le temps. Quand soudain la bourrasque désirée le propulse.
Le voilà à nouveau sur ses pieds.

la peau de sa main est entaillée. Il regarde quelques gouttes glisser et heurter le sol. Elles salissent la neige, la pureté, la merveilleuse neige. Elles sont pourpres, presque noires. Humaines. Vivantes. Froides pourtant. Il sert le poing, relève les yeux. Se noie dans le froid de l'hiver avec splendeur.

le sang est tellement, tellement sensuel.
et il vient de souiller l'hiver.
ou vient-il seulement de le caresser ?

et il sourit. Satisfait. Allons, hiver, essaierais-tu de me tuer ? que lui disent ses jolis yeux. Air de défi. Signe de tête furtif. Allez, allez, montre-moi ce que tu sais faire. Montre-moi ce qu'on peut faire, ensemble. Égaux. Et il s'élance à nouveau. Mais cette fois, il met ses pas dans ceux de son partenaire. Son glacial partenaire.
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Frost
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Lun 8 Jan - 21:48

attiré, hypnotisé par cette forme brumeuse, son attention est inévitablement capturée par celui auquel il n'a cessé de penser.
il abandonne les lèvres craquelées de sa dernière victime, son corps frêle qui se fond presque dans la neige avec ses reflets bleutés, sa pâleur fantomatique.
ils sont tous les mêmes: des gamins, des vieillards, des êtres sans intérêt qu'il peut voir vivants comme morts sans ressentir le moindre frisson.
il a regardé celui-la grelotter, frémir pendant deux heures,
il a regardé sa peau bleuir,
ses lèvres et son épiderme se craqueler, sécher.
il a écouté ses gémissements, ses prières, tous ses regrets,
il a entendu tous les péchés dont il est le propriétaire.
ça lui a presque arraché une érection, toute ces souffrances, cette douleur aussi physique que psychologique.
mais son regard ne se pose sur la dépouille que le temps de quelques secondes avant que ses poils se hérissent.
l'ombre, puissante, indomptable.
indomptable,
ça l'énerve, ça fait brûler ses entrailles, sa gorge.
pour qui tu t'prends ?
sceptre en main, il quitte le sol au profit du royaume des airs, s'approche de l'agile obscurité. il la retrouve, suspendue dans les airs, un pied sur un fil aussi mince que les restes de son humanité.
monstruosité au coeur gelé, frost tord le fil, le fait tanguer.
sourcil arqué,
relèves-tu le défi ?
l'ombre n'est pas invincible.
elle est rattrapée par la gravité, attirée par les pavés.
ou peut-être qu'elle l'attrape, l'enlace, l'accueille à bras ouverts, entre les carcasses de ses ailes arrachées.
et frost l'observe, hypnotisé par tant d'atrocité, de beauté.
mais un fameux courant électrique traverse ses artères, veines brûlantes. il a pas ressenti ça depuis ce fameux soir d'hiver, quand l'allumette s'est éteinte pour la dernière fois. ça le surprend, le prend de court. et cette fois, il n'achève pas, il ne sauve pas. cette fois, il est injuste, il est égoïste.
ses doigts dansent dans les airs et la bourrasque rattrape le corps, ô si mortel, victime de ses propres jeux tordus.
il n'approche pas, mais un simple regard lui suffit pour savoir que l'atterrissage s'est fait en douceur, pantin entre les doigts de l'hiver, du destin.
douloureuse douceur qui arrache quelques gouttes d'hémoglobine aux veines du mortel.
la vision lui arrache un gémissement, un frisson. il en veut plus. plus de rouge, plus de son rouge.
puis frost s'élance, silencieux défi. cours avec moi et bien sûr, l'autre le suit.
il s'amuse avec la vie des aventuriers. toujours. mais quelque part, aujourd'hui, il sent que les rôles sont inversés.
et ça le terrifie, ça le rend extatique. ombre, tu m'excites, ça le heurte comme une rafale glaciale, mordante.
il ne sait rien de lui, n'a même pas mémorisé ses traits, mais son rire, son regard, l'adrénaline, suffisent.
alors qu'ils arrivent au sommet du clocher givré, ses jambes se figent, il ne faut qu'un instant pour que l'ombre n'abdique et l'imite, se stoppant dans sa course.
les regards se croisent, et l'éternité s'écoule, les battements ralentissent, calmes, réguliers.
leurs doigts entourent la girouette du sommet, les sauvant de l'inévitable chute.
leurs vies ne tiennent qu'à leurs mains,
et puis le sourire narquois de frost se dessine sur sa bouche tentatrice, leurs souffles se mêlent.
ses doigts prennent les vies, volent les existences.
ses lèvres, traitresses, prennent sa vie, lui volent son contrôle, l'emprisonnent dans un cyclone indomptable.
indécis, il laisse son vieux compagnon décider, celui qu'il a relayé au fin fond de sa poitrine, l'ignorant pour la majeure partie de son existence.
son coeur reprend vie, rival de ses neurones.
intéressante combinaison qui le propulse en avant.
ses doigts droits, meurtriers, se posent sur la nuque découverte de l'ombre devenue lumière, trouve son pouls, l'artère qu'il presse de son pouce.
ses doigts gauches percent les vêtements, gèlent le tissu, s'enfoncent dans la peau blafarde.
et puis le coeur reprend le dessus, et ce sont les lèvres qui s'écrasent sur leurs jumelles, désormais bleutées.

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Maître Voleur
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Mer 10 Jan - 12:26


fall fall fall

il devrait se savoir captif, vulnérable. Il devrait le ressentir ainsi, alors que ses pas frôlent les tuiles glacées. Il l'est. Mortel. Dépendant du vent glacial sur son visage pâle. Dépendant du froid qui paralyse ses muscles et contre lequel l'adrénaline lutte, à coups de vagues de chaleur incontrôlables. Qu'il est splendide, l'être humain. Tentation vicieuse. Attirance malsaine. Le voilà en proie à une mort certaine.

mais la vérité.
la vérité.
c'est que c'est l'hiver, le prisonnier.

car en se dérobant à son regard, il a volé son cœur. Il a volé son âme. Il l'a privé de son quotidien. Il a éveillé son intérêt. Pire que ça. Il a réveillé l'attente, l'envie. Le désir, le besoin. L'angoisse, la crainte. Et il le sait, il le ressent, lorsqu'il se laisse porter par son partenaire. Tu en trembles, voleur, n'est-ce pas ? Ce n'est pas le froid qui te dévore l'âme, c'est l'excitation, l'ivresse du pouvoir qui te caresse. Ses mouvements captivant hypnotisent les sons eux-mêmes. Et seul le souffle du vent brise le silence à ses oreilles. Auquel se mêlent les sourires malicieux du fils du meunier. Indomptable créature. Ombre sauvage.

il se sait en danger.
l'hiver veut le tuer.
cela le rend magnifique.

comment pourrais-je craindre la mort, semble-t-il soupirer, alors que je ne rêve que de l'enlacer. Pour mieux s'en dérober, certainement. Il danse entre les doigts de glace du courant d'air, calquant son rythme sur celui, effréné, de cette tempête inhumaine. Il s'en amuse, il s'en délecte, le cœur battant, tambourinant, menaçant de jaillir hors de sa poitrine, de sa cage thoracique étrécie. Il reconnaîtrait la caresse hivernale entre mille.

ils arrivent à cette hauteur vertigineuse et s'y figent. Dans son élan, le voleur se saisit de la seule surface qui lui apportera le Salut. Il ne s'y accroche pas comme si sa vie en dépendait. Il s'y accroche avec légèreté, à quelques doigts seulement. Son corps est heurté par des rafales glaciales, mordantes. Vaines, alors qu'elles tentent de l'ébranler.

il le dévisage.
ils se dévisagent.
le temps s'arrête.
le sourire du voleur s'est endormi.

il ne craint pas ce qui va suivre. Il fait face, il attend. Il s'attend à mourir. Il s'attend au froid. Il s'attend à la peur qui lui tord les entrailles, et c'est peut-être justement parce qu'il l'attend qu'elle n'arrive pas. L'hiver s'empare de son être, brusquement, tendrement. Sa nuque s'en trouve gelée. Il sent dans ses veines son sang se glacer. Sa pâleur glaciale, son épiderme gris, presque mort. Son souffle se saccade, sifflant. Douloureux. Brûlure dans la gorge. Une forme brumeuse danse devant ses iris. Fantôme aux reflets bleutés. Ses cheveux bruns sont couverts de glace. Le givre est entêtant. Il frissonne, il grelotte. Poils hérissés. Ses doigts sont crispés, paralysés. Sa prise se relâche, lentement. Il frémit. Mais ses yeux, que c'est charmant, restent grands ouverts.

alors, l'hiver l'embrasse.
l'espace d'une seconde, son cœur se gèle.
ses lèvres virent au bleu, un bleu splendide.

es-tu en train de mourir ?
quelle sensation agréable.

mourir ? Il n'en est pas question. L'adrénaline, comme une décharge, lui bouffe les organes. Il étouffe un gémissement de douleur entre ses lèvres fermées. Glaciales. Non. Bouillante. La chaleur s'échappe de son cœur, brûle ses entrailles, sa gorge. Il lutte, sans le vouloir. Son corps tout entier se réveille, bouillonne de vie. Le sang, pulsions, battements. De tout son être s'échappe une chaleur sans nom. Elle heurte l'hiver glacial. Contraste prenant. La vie contre la mort. Lèvres froides, contre lèvres d'été. Quel fardeau lourd à porter, gardien des morts, que celui d'ôter la vie. Laisse-moi te sauver. Te sauver d'un poids supplémentaire ajouté sur tes épaules. Ses paupières se sont fermées. Il sourit. Il rend le baiser. Souffles mêlés. Mais le sien est vivant, le sien est bouillonnant, ardent, emporté.

soudain, il rompt ce contact.
il a gagné ; il n'a pas fait fondre la glace.
il l'a seulement fragilisée.

et il le fixe, globe oculaire voilé de givre. Qu'ai-je donc réveillé en toi ? Dis-le moi, dis-le moi, égoïste hiver. Dis-le moi, avant de me tuer. Mais tu ne me tueras pas, murmurent ses yeux. Non, l'hiver ne peut pas le tuer, maintenant qu'il a goûté à son sourire d'acier.
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Mer 10 Jan - 19:18

son glaçon de coeur se fige, s'affole, fait des cabrioles. c'est la première fois depuis longtemps, depuis toujours, ou jamais. il en a embrassé, des hommes, des femmes, tous mortels, ridicules. mais jamais son égal. mortel, l'ombre l'est sûrement, fragile et éphémère.
mais pas tant que ça, il a déjà défié le destin plus d'une fois après tout.
ses doigts se referment sur l'ombre, givrent ses veines, jusqu'à son coeur,
il a toujours été seul, le seul, le gardien suprême de sa saison, du froid.
il n'a point d'égal, alors il vole la force, la vie,
mais la solitude pèse, si lourde sur ses épaules et son coeur, et c'est usant, fatigant, l'immortalité solitaire
alors il insuffle la vie, un signal libérateur pour l'inconnu.
l'ombre se détache, et le froid se refroidit.
il se tient droit, fier, le regard toujours accroché à son jumeau métallique.
il l'a défié, et il a gagné.
frost sourit, lèvres tordues, mais ses prunelles se font douces.
il ne baisse pas la tête, le maître n'est pas son supérieur, mais son égal. et pour ça, il hérite du respect de l'hiver, pas de sa haine.
pas encore.
ne me déçois pas, frère.
frère ?
il ricane.
âme soeur, jumelle.
frost ne le tuera pas, pas cette fois.
- à charge de revanche -
la confirmation qu'ils attendaient : il y aura une prochaine fois ((des prochaines fois ?))
ne m'oublie pas,
don't you even dare forget about me.
il reste impassible, mais ses yeux se font perçants, regards appuyés, puis dans un murmure, une brise glacée il saute de son clocher, atterrit en contrebas et disparait.
le maître ombreux est mortel, il n'a rien de divin, il sait qu'il ne peut pas le rattraper,
rappel douloureux de leur différence, des inégalités qui subsistent.
il l'a battu aujourd'hui, mais seulement parce que frost l'a bien voulu, parce qu'il a accepté de suivre les règles humaines.
l'ombre en vaut bien la peine, après tout.
viens,
accepte-moi,
et je t'offrirai l'immortalité.

une promesse qu'il laisse derrière lui, murmuré dans le souffle glacé.
s'il atteint les oreilles du funambule, il l'ignore,
mais pour la première fois, il comprend ce sentiment si humain qu'il a vu dans tant de regards avant qu'ils ne deviennent vitreux, éteints à jamais. l'espoir. de ne plus être seul, de partager son immortalité avec quelqu'un qui finit enfin par le comprendre.
c'est un lourd fardeau que de partager sa route. mais frost sent bien que le maître est le seul à avoir les épaules assez solides, assez désintéressées pour peut-être, peut-être, accepter le démon qu'il est.
ne me déçois pas, compagnon

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Maître Voleur
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MessageSujet: Re: WE PLAY TO WIN (FRUCH)   Dim 21 Jan - 15:47


fall fall fall

le froid devrait lui transpercer les entrailles, anéantir son cœur et faire couler son sang. Mais les battements au creux de sa poitrine sont violents. Ce duel mortel le prend aux tripes, le prend au corps. Quand, maître voleur, as-tu signé un pacte avec le diable lui-même ? A quel moment as-tu compris qu'on te privait de tes ailes ?

much se tait.
il ne lui faut que quelques secondes.
pour savoir.

il court après la satisfaction et le bonheur depuis longtemps. Trop longtemps. Des biens interdits. Des biens qu'il frôle des ongles sans jamais les atteindre. Argent, richesse, magie. Il peut voler une âme, il peut voler un cœur. Il n'en restera pas moins désespérément vide. Héros de sa propre histoire ou mascarade macabre. Que reste-t-il après la vengeance assouvie ? Éphémère créature. Tu te dis ombre, mais il n'en est rien. Homme futile, stupide, arrogant. Fragile. Quelle chance le maintient en vie ? Quel hasard fait que l'hiver lui même le considère, l'espace d'une seconde comme son égal ? Fable sans importance, roi d'un pays imaginaire.

misérable.

même le sourire de l'hiver le fait agoniser. Crever, de l'intérieur. Il n'est pas immortel. Il ne le sera probablement jamais, jamais, jamais. Alors le maître voleur le fixe, de ce regard paisible. De ce regard figé. De ses iris d'acier, de ses pupilles d'ébène. Il le regarde avec cette fossette taquine, avec ses lèvres bleutées. Il le regarde de toute la pureté de ses chairs. Comment pourrais-je t'oublier ?

mais l'hiver est insaisissable.
déjà, il a bondit loin, si loin de lui.
l'air se réchauffe.

le maître le regarde partir, sans bouger. Statue de sel, immortelle, figée dans leur petite éternité. Il le regarde partir sans vraiment le fixer, aveuglé par le givre glacial qui bouffe son âme. Est-ce cela, la solitude douloureuse ? L'amertume de voir s'éloigner le vent de l'hiver. De le perdre. Ou de le semer. Qu'importe l'ordre des choses, qu'importe les instants passés à s'enivrer côte à côte. Le dénouement reste le même. Le dénouement. Cruel. Terrible. Angoissant.

ses doigts relâchent leur prise.
il se laisse tomber, tomber, tomber.
n'amortit que vaguement sa chute, retombe sur ses pieds.

la chaleur de sa propre enveloppe charnelle lui est insupportable.
je ne peux pas te suivre, hiver. jamais je ne le pourrai.

âme chagrine. A son tour, l'ombre disparaît.

-

cette nuit sans lune est plus sombre que les précédentes. Cette nuit sans lune est emprunte d'une atmosphère pesante. Le brouillard noie la vie, l'enveloppe comme les bras réconfortants d'une mère. Au point culminant d'un toit, le maître voleur garde les yeux fermés. Paupières closes. Sur ses cils, le givre s'est déposé. Son habit noir est malmené par le vent. Ses jambes balancent dans le vide, équilibre agile. Il se tient immobile sur un rebord glacé. Structure si fine, si froide. Il ne bouche pas, il ne bronche pas. Suspendu au dessus du vide, de la mort. Il attend. Il attend. Il attend déjà depuis longtemps.

la vie s'est ralentie.
elle est toujours là, battante, sous le sang.
faible, mourante.
ou juste apaisée.

est-ce qu'elle s'échappe ? Est-ce le froid qui la dérobe ? Pour une fois, le fils du meunier ne court pas. Il n'essaie pas d'échapper à la douce éternité qui le frôle. Il n'essaie pas de la provoquer, il n'essaie pas de la défier. Il tente de la comprendre. Il tente de l'apprivoiser. Il essaie, de toute la tiédeur de son corps, de se laisser emporter dans cette glaciale immortalité. C'est à peine s'il ressent la présence de ce froid si familier. C'est à peine si cela le fait frémir. C'est à peine si ses lèvres bleutées s'entrouvrent dans un souffle. Paralysé.

quel présent merveilleux.
celui de l'hiver qui lui gèle le cœur.
alors que la conscience s'évapore.
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WE PLAY TO WIN (FRUCH)
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